Le secteur de l'hôtellerie reste l'un des plus exposés aux accidents du travail et aux maladies professionnelles d'après les informations de l'INRS. Les risques les plus caractéristiques sont les troubles musculo-squelettiques. Mais les TMS ne sont pas les seuls risques au sein des professions de l'hôtellerie : les chutes de plain-pied et de hauteur figurent parmi les premières causes d'accident du travail du secteur. À cela s'ajoutent l'utilisation de produits d'entretien, des horaires décalés et le travail de nuit inhérent à la réception des hôtes. Tous ces risques doivent figurer dans le document unique, selon les articles L4121-3 et R4121-1 du Code du travail.
À partir de quand me faut-il un document unique pour mon hôtel ?
Dès qu'un établissement hôtelier emploie un salarié, et quel que soit son contrat de travail (CDI, CDD, saisonnier, apprentissage, extra), il doit posséder un document unique.
Depuis le 27 juin 2026, l'administration du travail peut prononcer une amende administrative de 4 000 euros maximum par salarié en l'absence de document unique au sein de l'entreprise. Sur le plan pénal, l'article R4741-1 du Code du travail prévoit également une contravention de 5e classe pouvant aller jusqu'à 1 500 € pour une personne physique, et jusqu'à 3 000 € en cas de récidive.
Les deux risques majeurs des métiers de l'hôtellerie
Entre les postures que doit adopter le personnel de chambre pour ranger / nettoyer, et le port de bagages par les réceptionnistes lors de l'accueil des hôtes, les troubles musculo-squelettiques (TMS) sont les risques les plus caractéristiques des métiers de l'hôtellerie. Le personnel de chambre travaille toute la journée dos courbé, bras levés, pour refaire les lits, aspirer les sols, faire les poussières, en poussant un chariot de ménage à une certaine cadence. Les réceptionnistes sont amenés à porter des bagages parfois lourds, et peuvent rester debout durant de longues heures d'affilée. Toutes ces sollicitations du corps provoquent à court terme des douleurs musculaires et articulaires, et puis, sur le long terme, des TMS : lombalgies, tendinopathies de l'épaule, épicondylite du coude et syndrome du canal carpien des poignets.
Les sols mouillés ou glissants, la présence d'escaliers, et l'accès à des zones en hauteur pour nettoyer et/ou ranger font des chutes l'une des premières causes d'accident du travail dans le secteur de l'hôtellerie. Les chutes de plain-pied surviennent surtout en raison de sols glissants (ex : sol de salles de bain mouillé, sol d'une chambre sur lequel des produits gras ont été déversés) et sur des surfaces irrégulières (exemple typique : escaliers). La majorité des chutes de hauteur se produisent quant à elles lorsqu'un salarié doit atteindre une zone en hauteur (ex : armoire, étagère) et pour cela, monte sur du mobilier inadapté (ex : chaise, table de la chambre) faute de mieux. Les conséquences de toutes ces chutes peuvent aller de la simple entorse à la fracture, voire au traumatisme crânien.
Les unités de travail
Pour un hôtel, nous retenons cinq unités de travail, pour un total de 34 situations à risque : la réception de la clientèle, le rangement et le nettoyage des chambres, le blanchiment des draps et des linges, l'environnement de travail et les locaux de travail.
Les équipements de protection collective adaptés :
Parmi les EPC existants et qui permettent de se protéger efficacement des risques en hôtellerie, on retrouve notamment :
- Du matériel ergonomique (chariots de ménage, matériel à manche long pliable à 180 degrés, chariots à bagages ou diables) pour réduire les efforts à fournir ainsi que les postures pénibles.
- Des marchepieds et des escabeaux conçus spécifiquement pour le travail en hauteur, afin d'accéder aux zones hautes (ex : armoires, étagères, luminaires) sans devoir utiliser le mobilier de chambre.
- La signalisation de tous les sols / chambres venant d'être lavés, la mise en place de revêtements antidérapants lorsque c'est possible, et la mise en place de mains courantes et d'un bon système d'éclairage dans les escaliers de l'hôtel.
- Le choix de produits de nettoyage qui sont les moins dangereux possibles (ex : pas de CMR, pas de produits toxiques), prêts à l'emploi, et la ventilation systématique de la pièce dans laquelle on utilise ces produits.
- Une organisation qui limite autant que possible le travail de nuit et le travail isolé pour la réception d'hôtes, ainsi qu'un moyen de donner l'alerte en cas d'incident / accident (ex : smartphone, dispositif homme mort DATI).
Les équipements de protection individuelle adaptés :
Parmi les EPI existants et qui permettent de se protéger efficacement des risques en hôtellerie, on retrouve notamment :
- Des gants de protection chimique pour la manipulation de tous les produits chimiques (Type EN ISO 374).
- Des chaussures à semelle antidérapante pour se déplacer sur les sols mouillés, glissants, et/ou fraîchement lavés (antidérapance Type SRC, norme EN ISO 20345).
- Des gants de protection contre la chaleur pour le travail avec des machines chauffantes telles que fer à repasser, presses, calandres, etc. (Type EN 407).
- Des lunettes de protection oculaire en cas de risque de projection dans les yeux, lors de la préparation ou de l'utilisation des produits (Type EN166).
- Des vêtements de travail adaptés pour le personnel de chambre et de lingerie, recouvrant les avant-bras de préférence, et qui seront lavés régulièrement.
Le détail approfondi des risques par unité de travail (réception, chambres, blanchisserie, environnement de travail, locaux de travail) ainsi que les images d'exemples de document unique pour l'hôtellerie sont disponibles dans la version complète de cet article sur notre page : https://www.document-unique-facile.com/document-unique-hotellerie-guide-et-modele-a-telecharger



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