Le métier d'employé de station-service réunit des facteurs de risques que l'on retrouve rarement ailleurs : des carburants classés cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques (CMR), une zone de distribution traversée en permanence par des véhicules, et des vapeurs d'hydrocarbures pouvant former des atmosphères explosives. À ces expositions s'ajoutent les chutes de plain-pied sur sols gras. Tous ces risques doivent figurer dans le document unique, selon les articles L4121-3 et R4121-1 du Code du travail.
À partir de quand me faut-il un document unique pour ma station-service ?
Dès qu'une station-service emploie au moins un salarié, et quel que soit son contrat de travail (CDI, CDD, apprentissage, intérim), le gérant de cette station-service doit avoir un document unique.
Depuis le 27 juin 2026, l'administration du travail peut prononcer une amende administrative de 4 000 euros maximum par salarié en l'absence de document unique au sein de l'entreprise. Sur le plan pénal, l'article R4741-1 du Code du travail prévoit également une contravention de 5e classe pouvant aller jusqu'à 1 500 € pour une personne physique, et jusqu'à 3 000 € en cas de récidive.
Les deux risques majeurs du métier d'employé de station-service
En station-service, le risque chimique le plus important vient des carburants eux-mêmes : essence, gazole et GPL sont des hydrocarbures dont plusieurs composants sont classés cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques (CMR). Les salariés y sont exposés par deux voies différentes. Par contact cutané tout d'abord, lorsqu'ils font les pleins des clients, lors du nettoyage des pistolets de la station, voire en cas de débordement sur la piste : les carburants dégraissent la peau et provoquent des dermatoses ainsi que de l'eczéma. Le gazole, classé cancérogène de catégorie 2 (mention H351), peut contenir des hydrocarbures aromatiques polycycliques. La deuxième voie d'exposition est celle par inhalation : les vapeurs d'essence contiennent du benzène (1 % au plus), cancérogène avéré (H350) et mutagène (H340). Le dépotage constitue le moment où l'exposition à ces vapeurs est la plus importante.
Une station-service stocke et manipule des produits très inflammables : leurs vapeurs se mélangent à l'air pour former des atmosphères explosives (ATEX), susceptibles de s'enflammer à la moindre étincelle ou en présence de point chaud. Une explosion suppose la réunion simultanée de trois éléments : un combustible (les vapeurs d'hydrocarbures), un comburant (l'oxygène de l'air) et une source d'inflammation (étincelle, flamme, surface chaude, électricité statique). Supprimer un seul de ces éléments permet d'écarter le danger. Dans les stations-service, le dépotage reste l'opération la plus à risque, suivi par la distribution du carburant. La réglementation impose à l'exploitant de délimiter les emplacements où une atmosphère explosive peut se former (le zonage ATEX) et de consigner cette analyse dans un document relatif à la protection contre les explosions (DRPCE), qui s'ajoute au document unique, comme le précise l'article R.4227-52 du Code du travail.
Quelques chiffres :
- Les essences sans plomb 95 et 98 peuvent renfermer jusqu'à 1 % de benzène, un cancérogène avéré (mention H350) selon la fiche toxicologique de l'INRS.
- Les chutes de plain-pied sont la deuxième cause d'accident du travail en France tous secteurs d'activité confondus, avec plus de 100 000 cas recensés chaque année (INRS).
- Selon l'INRS, une explosion se produit chaque jour en moyenne en France en milieu professionnel.
Les unités de travail
Pour une station-service, nous retenons cinq unités de travail, pour un total de 24 situations à risque : l'aire de la station-service, le contact avec les clients, la vente au comptoir, le nettoyage des locaux et l'environnement de travail.
Les équipements de protection collective adaptés :
Parmi les EPC existants et qui permettent de se protéger efficacement des risques en station-service, on retrouve notamment :
- Un système de récupération des vapeurs d'hydrocarbures au dépotage et à la distribution, complété d'une bonne ventilation des lieux concernés.
- Du matériel électrique conforme aux zones ATEX (marquage « Ex ») sur l'aire de service et à proximité des cuves de stockage de carburants.
- Une séparation des flux piétons / véhicules, un balisage clair (ex : sens de circulation) et l'instauration d'une limite de vitesse (ex : panneau) dans toute la station-service.
- Dans l'espace boutique, des revêtements de sol antidérapants, maintenus propres, et un éclairage correct de l'aire de distribution pour la nuit.
- Des extincteurs adaptés aux feux d'hydrocarbures, en nombre suffisant, rapidement et facilement accessibles, ainsi que des moyens d'alerte (ex : smartphone) fonctionnels.
Les équipements de protection individuelle adaptés :
Parmi les EPI existants et qui permettent de se protéger efficacement des risques en station-service, on retrouve notamment :
- Des gants de protection contre les risques chimiques pour la manipulation des carburants et produits (Type EN ISO 374) et des gants contre les risques mécaniques pour la manutention (Type EN388).
- Des chaussures de sécurité à semelle antidérapante contre les chutes de plain-pied sur sols gras (Type EN ISO 20345, S3).
- Des vêtements de travail de haute visibilité pour évoluer en sécurité sur l'aire de distribution de carburant (Type EN ISO 20471).
- Des vêtements de travail antistatiques adaptés aux zones ATEX, notamment pour les opérations de dépotage.
- Des lunettes de protection à porter pour se protéger d'éventuelles projections de carburant ou de produits chimiques (Type EN166).
Le détail approfondi des risques par unité de travail (aire de la station, contact clients, vente au comptoir, nettoyage, environnement de travail) ainsi que les images d'exemples de document unique pour station-service sont disponibles dans la version complète de cet article sur notre page : https://www.document-unique-facile.com/document-unique-station-service-guide-et-modele-a-telecharger



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