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WorldSkills Shanghai : trois leçons sur l'avenir des métiers

WorldSkills Shanghai : trois leçons sur l'avenir des métiers

C
par Clément Durand - Publié Il y a 8 heures
WorldSkills Shanghai : trois leçons sur l'avenir des métiers

Robots, IA, numérique partout… Et si la plus grande compétition mondiale des métiers montrait surtout que le geste n'a jamais autant compté ?


En septembre, je suis parti à Shanghai pour les Compagnons du Devoir. J'y suivais les WorldSkills, la grande compétition internationale des métiers. Des jeunes venus du monde entier s'y affrontaient sur 64 disciplines allant de la charpente à la maçonnerie, la pâtisserie en passant par le coiffure, la maintenance industrielle ou la cybersécurité.

 

On nous répète que les robots et l'IA vont tout changer. Alors, concrètement, que devient le geste de l'homme et de la femme de métier ? Voici trois choses que j'ai vues là-bas et que je n'attendais pas.


1/ Le futur est dans les allées, pas sur les postes de travail


Dans les allées, on voit des robots et de l'IA à chaque stand. Sur les épreuves, on n'en voit aucun. Les jeunes travaillent le bois, la pierre, la pâte ou le tissu avec leurs mains, comme on le fait depuis des générations.


J'ai fait le même constat dans un lycée horticole que nous avons visité. L'IA y sert à surveiller les cultures. Le jardinage, lui, se fait toujours à la main.



On confond souvent ce qu'une technologie sait montrer et ce qu'elle sait faire. Les démonstrations impressionnent, mais le travail réel repose encore majoritairement sur la main.


Les chercheurs en robotique le reconnaissent eux-mêmes : beaucoup de robots qui font le buzz aujourd'hui sur les réseaux sont pilotés à distance.


Un détail m'a pourtant alerté. En charpente, les épreuves seraient de plus en plus construites « à plat », donc plus simples. C'est peut-être là le vrai risque. La machine ne remplace pas forcément le geste. On peut en revanche finir par simplifier le geste pour l'adapter à la machine.


2/ Une ville ultra-efficace jusqu'à la panne de batterie


À Shanghai, tout se paie avec son téléphone : le métro, l'épicerie du coin, le déjeuner. On scanne un QR code et c'est réglé. C'est d'une fluidité bluffante.


Un jour, ma batterie m'a lâché. Je ne pouvais plus prendre le métro ni acheter à manger. Les espèces n'existent presque plus et sans téléphone difficile de continuer sa vie normalement.


La leçon dépasse l'anecdote : plus un système est optimisé, plus il peut devenir fragile car être efficace ne veut pas dire être robuste.



Dans le même métro, entre les portiques high-tech, des vendeurs de fruits poussent leur charrette. Eux n'ont besoin d'aucun réseau. C'est un atout qu'on sous-estime chez les métiers manuels. Un artisan sait tracer à la main, tailler sans machine et s'adapter quand l'énergie ou les matériaux manquent. Il garde ainsi une capacité que les systèmes tout numériques ont perdue. Encore faut-il continuer à transmettre ces bases.


3/ La Chine rend les métiers désirables en les mettant en récit


Le slogan de la compétition dit tout : « Master skills, change your future ». Autrement dit, maîtrisez vos compétences et vous changerez votre avenir.




Tout y était pensé pour donner envie. On y trouvait des mascottes toutes douces et des vidéos pleines de jeunes, dans un univers proche du jeu vidéo. L'exposition etait joyeuse et impeccablement organisée. Le pays y mettait en scène avec la même fierté ses robots et ses savoir-faire anciens. La cérémonie d'ouverture rappelait même que l'on doit le papier à la Chine.


Pourquoi un tel effort ?


Comme en France, des générations ont été poussées vers les études longues et les métiers de bureau, sans toujours trouver de débouchés. Dans un contexte de chômage des jeunes élevés, il faut orienter vers les métiers "techniques", et pour cela les rendre attirants.


En France, on parle souvent des métiers manuels comme d'une voie de repli ou d'un patrimoine à sauver. Shanghai en fait une promesse d'avenir (même si la réalité est souvent bien différente).


Ce travail sur les récits et la façon dont la Chine raconte ces savoir-faire devrait à mon sens nous inspirer. 


C
Rédigé par Clément Durand
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Chef de projet

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Romain Recopé

Il y a 38 minutes
Bonjour, Intéressant. Mais …. faut nuancer. Les Worldskills ne sont pas la Chine . ; cette compétition de métiers dont certains par des artisans s’est déroulée en Chine ; c’est donc très différent. et pas représentatif. Comment pouvez-vous affirmer qu’il y a pas de robots boostés à l’IA aux postes de travail dans les entreprises en Chine ? Les chinois ne vont pas vous montrer et où as vous dire comment ça se passe vraiment dans leurs entreprises !
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