ico-menu.svg
ico-search-org.svg ico-close.svg ico-user.svg
ico-button-back.svg
Former, transmettre aujourd'hui et demain ?
Crédits: Volodymyr Hryshchenko

Former, transmettre aujourd'hui et demain ?

Fabien Le Quellec
par Fabien Le Quellec - Modifié Il y a 11 heures
Former, transmettre aujourd'hui et demain ?
Crédits: Volodymyr Hryshchenko

Les métiers évoluent, les réglementations également, les outils numériques se multiplient et les profils des apprenants se diversifient. Le formateur doit désormais prendre en compte tous ces changements sans perdre de vue sa mission première : permettre à chacun de comprendre, de progresser et de devenir autonome. A partir des contenus partagés sur DuMétier, je vous propose un regard sur l'écosystème du formateur plus particulièrement métier et les transformations possible de l'acte de transmettre en cours.


Des apprenants aux profils plus diversifiés


Les groupes réunissent des personnes d’âges, de parcours, de niveaux et de cultures différents. Certaines difficultés peuvent aussi rester invisibles : troubles « dys », difficultés d’attention, maîtrise fragile de la langue, situation de handicap ou problèmes sociaux.


Le formateur n’a pas vocation à devenir spécialiste de chaque situation. Il doit néanmoins savoir observer, adapter une consigne et orienter l’apprenant vers les bons interlocuteurs. 

Cette diversité renforce le besoin d’individualisation, mais elle ne doit pas conduire à oublier le groupe. L’enjeu consiste à permettre à chacun de trouver sa place tout en construisant une expérience et des références communes.


Actualiser les contenus sans perdre les fondamentaux


Les métiers évoluent sous l’effet des innovations techniques, des transitions environnementales, des transformations numériques et des nouvelles réglementations. Former au métier tel qu’il était pratiqué quelques années auparavant ne suffit plus.


Le formateur doit rester en veille pour transmettre des pratiques actuelles et préparer l’apprenant aux évolutions à venir. Cette actualisation ne signifie pas abandonner les fondamentaux. Elle suppose au contraire de les identifier clairement, puis de montrer comment ils peuvent être mobilisés dans de nouveaux contextes.


L’expérience professionnelle demeure une ressource précieuse, mais elle ne peut constituer l’unique modèle pédagogique. Reproduire la manière dont on a soi-même été formé peut conduire à transmettre des habitudes ou des niveaux d’exigence qui ne correspondent plus aux publics, aux outils ou aux réalités professionnelles actuelles.


Donner du sens plutôt que seulement transmettre


Les apprenants acceptent plus facilement une règle, une exigence ou un apprentissage lorsqu’ils en comprennent la finalité. Le formateur doit donc expliciter les attendus, relier les connaissances aux situations professionnelles et laisser une place à l’expérimentation et à l’erreur.


Former ne consiste plus seulement à montrer comment réussir une tâche. Il faut aussi aider l’apprenant à comprendre pourquoi une méthode fonctionne et comment l’adapter lorsque la situation change. Cette démarche est développée dans l’article Former à réfléchir, pas seulement à exécuter.


Accompagner l’accès au savoir


Tutoriels, moteurs de recherche et intelligence artificielle rendent l’information immédiatement accessible. Le formateur n’est donc plus l’unique détenteur du savoir. Son rôle consiste aussi à aider les apprenants à rechercher, vérifier, comparer et utiliser une information.


Cette évolution concerne les gestes professionnels comme les enseignements généraux. Elle invite à développer l’esprit critique, à distinguer une connaissance vérifiée d’une simple affirmation et à renforcer la capacité à apprendre à apprendre.


Les articles Croire ou savoir et Faut-il encore apprendre la bureautique à l’heure de l’IA ? prolongent cette réflexion sur la place des fondamentaux dans un environnement saturé d’informations et d’outils numériques.

Mobiliser les outils, les méthodes sans effacer la relation


Réalité virtuelle, modules en ligne, ressources numériques, intelligence artificielle, microcertifications ou formations hybrides multiplient les possibilités d’apprentissage. Ces outils peuvent aider à visualiser une situation, répéter un geste, diversifier les supports ou permettre à chacun d’avancer à son rythme.


Leur intérêt dépend toutefois de l’usage qui en est fait. Le numérique ne remplace ni l’observation, ni le dialogue, ni l’accompagnement humain. Il doit être choisi parce qu’il répond à un objectif pédagogique précis, et non parce qu’il est disponible ou innovant.


Le formateur doit donc pouvoir identifier le bon outil, la bonne méthode, au bon moment, pour le bon besoin, tout en préservant la relation avec l’apprenant.


Faire de la formation un travail collectif


L’accompagnement des apprenants ne peut plus reposer sur une seule personne. Il nécessite une coopération entre formateurs métier, enseignants des disciplines générales, équipes pédagogiques, accompagnateurs sociaux et entreprises.


De la même manière l’individualisation ne consiste pas seulement à adapter un rythme ou à proposer des exercices différents. Elle doit permettre à chaque personne de trouver sa place et son rôle dans le groupe.


Cette évolution soulève une tension importante. Plus la formation prend en compte les singularités individuelles, plus elle doit veiller à conserver une culture, des références et des expériences communes. Former ne revient pas uniquement à faire progresser séparément plusieurs individus. C’est aussi créer les conditions d’un apprentissage partagé, de l’entraide et de la coopération.


Le défi consiste donc à articuler deux exigences : reconnaître chaque apprenant comme une personne singulière et construire un collectif capable d’apprendre, de produire et de progresser ensemble.


Pour conclure


Pour les équipes pédagogiques, l’enjeu est de créer davantage de liens entre les disciplines, de partager les observations sur les apprenants et d’organiser une progression des compétences des formateurs. Un formateur novice ou expérimenté intégrant une nouvelle structure ne peut pas tout maîtriser immédiatement : il doit d’abord connaître les ressources disponibles, savoir vers qui orienter et pouvoir analyser progressivement ses pratiques.


Pour les entreprises, il s’agit de ne pas considérer la transmission comme une simple démonstration du geste. Expliquer les décisions, verbaliser les critères de qualité, autoriser les questions et organiser des retours d’expérience permettent de transformer le travail quotidien en véritable situation d’apprentissage.


Des questions pour poursuivre la réflexion

  • Quelles compétences doivent constituer le socle commun de toute personne amenée à former ?
  • Comment organiser leur acquisition progressivement, sans surcharger les nouveaux formateurs ?
  • Comment individualiser les parcours tout en faisant vivre une culture et une expérience collectives ?
  • Comment mieux relier les enseignements généraux, les apprentissages professionnels et les situations rencontrées en entreprise ?
  • Quels temps et quels outils faut-il prévoir pour permettre une véritable coopération pédagogique ?


Fabien Le Quellec
ico-souples-org.png ico-souples-org.png ico-souples-org.png ico-souples-org.png
Tailleur.se de pierre
Passionné par l'évolution des métiers et la culture du "travailler et évoluer ensemble". Au sein de l'équipe DuMétier en tant que chef de projet sur le site. Au plaisir de vous aider dans l'usage de cet outil participatif ;)

ico-comment.png Commentaires

Pour laisser un commentaire, veuillez vous connecter ou vous inscrire.

S’inscrireSe connecter